Mis à jour en mai 2026 — informations vérifiées sur place.
Le Musée de la Pagerie est installé sur le domaine où a grandi Marie-Josèphe Rose Tascher de La Pagerie — future Joséphine de Beauharnais, future impératrice des Français. Cette habitation du XVIIIe siècle aux Trois-Îlets abrite une collection de lettres, autographes, objets d’époque et mobilier ancien qui retracent la vie de Joséphine, de son enfance martiniquaise à son couronnement par Napoléon.
Le domaine, propriété de la Collectivité Territoriale de Martinique depuis 1984, se visite au milieu d’un parc où subsistent les ruines des bâtiments de l’ancienne habitation sucrière. Un lieu chargé d’histoire — et de débats, puisque la figure de Joséphine reste controversée en Martinique pour son rôle supposé dans le rétablissement de l’esclavage en 1802.
Points clés
- Lieu de naissance de l’impératrice Joséphine
- Habitation du XVIIIe siècle aux Trois-Îlets
- Collection de lettres, objets d’époque et mobilier ancien
- Ruines de l’habitation sucrière dans un parc arboré
- Entrée à 1,50€ — le musée le moins cher de l’île
- Lecture : ~6 min
Informations pratiques
| Info | Détail |
|---|---|
| Adresse | RD 38, Domaine de la Pagerie, 97229 Les Trois-Îlets |
| Horaires | Mar-Ven 9h-16h, Sam-Dim 9h30-14h30. Fermé le lundi |
| Tarif | 1,50€ (adultes et enfants) |
| Durée de visite | 30 min à 1h |
| Parking | Gratuit sur place |
| Téléphone | 05 96 80 71 00 |
La visite du musée
Le musée occupe les anciennes cuisines de l’habitation, seul bâtiment qui a résisté au cyclone de 1766 — celui-là même qui détruisit la maison de maître et la sucrerie. L’espace est petit mais la collection est soignée : correspondance entre Joséphine et Napoléon, objets personnels, mobilier créole d’époque, portraits et gravures. On y découvre la vie quotidienne d’une famille de planteurs martiniquais au XVIIIe siècle — les fêtes, les alliances, les liens avec la métropole.
Parmi les pièces remarquables : l’acte de baptême de Marie-Josèphe, des lettres d’amour de Napoléon (le ton est passionné, parfois comique avec le recul), et du mobilier créole en acajou massif typique des grandes habitations. Une section retrace le parcours de Joséphine de la Martinique à Paris — son premier mariage avec le vicomte de Beauharnais, la Terreur, la rencontre avec Bonaparte et le sacre de 1804.
Le parc et les ruines
À l’extérieur, le domaine se parcourt à pied en 20 à 30 minutes. Les ruines de la sucrerie, du moulin à bêtes et de la maison de maître sont envahies par la végétation tropicale — manguiers centenaires, fromagers, palmiers royaux. L’ambiance est paisible, presque mélancolique.
Des panneaux explicatifs identifient chaque vestige et replacent l’habitation dans le contexte économique de l’époque. On comprend la taille du domaine, l’organisation du travail et la hiérarchie sociale qui structurait la vie sur une plantation sucrière au XVIIIe siècle.
Le parc est aussi un bon endroit pour se poser à l’ombre avec un livre — il y a rarement du monde, même en haute saison.
Joséphine et l’esclavage : un sujet sensible
La figure de Joséphine est controversée en Martinique. La tradition locale lui attribue un rôle dans la décision de Napoléon de rétablir l’esclavage dans les colonies françaises en 1802 — une loi qui a annulé l’abolition de 1794 et replongé des centaines de milliers de personnes dans la servitude. Même si les historiens débattent encore de son influence réelle sur cette décision, le symbole reste puissant.
La statue de Joséphine sur la Savane à Fort-de-France a été décapitée en 1991 et définitivement renversée en 2020 lors de mouvements sociaux. Le socle vide est toujours visible et fait partie du paysage urbain — un rappel que l’histoire coloniale reste un sujet vivant aux Antilles.
Le musée aborde cette question avec nuance. La visite permet de contextualiser le personnage dans son époque et de comprendre pourquoi il suscite des réactions aussi vives en Martinique. C’est une dimension qui rend ce petit musée plus riche qu’il n’y paraît — on n’en sort pas avec un avis tranché, mais avec des questions.
Combiner avec les Trois-Îlets
Le Musée de la Pagerie se combine naturellement avec les autres sites des Trois-Îlets pour une journée historique complète :
- Matin : Maison de la Canne (45 min, 3€) — l’histoire de la canne à sucre et du rhum.
- Fin de matinée : Musée de la Pagerie (45 min, 1,50€) — Joséphine et la vie des planteurs.
- Déjeuner : Village de la Poterie — artisanat et restaurants dans un cadre charmant.
- Après-midi : Savane des Esclaves (1h30, 15€) — reconstitution d’un village d’esclaves, jardin créole.
- Fin de journée : plage de l’Anse Mitan — 10 minutes en voiture pour finir la journée en beauté.
Ce circuit des Trois-Îlets couvre les aspects majeurs de l’histoire martiniquaise en une journée, pour moins de 20€ d’entrées au total.
Questions fréquentes
Combien coûte l’entrée au Musée de la Pagerie ?
1,50€ pour les adultes comme pour les enfants. C’est le musée le moins cher de Martinique. La visite dure entre 30 minutes et 1 heure selon que vous explorez le parc ou non.
Le musée vaut-il le détour ?
Oui si vous êtes dans le secteur des Trois-Îlets — c’est rapide (30-45 min), très peu cher et historiquement intéressant. Ne faites pas un trajet exprès depuis le nord, mais combinez-le avec la Savane des Esclaves et la Maison de la Canne pour une journée historique aux Trois-Îlets.
Le musée est-il adapté aux enfants ?
Les enfants de moins de 10 ans risquent de s’ennuyer — le musée est surtout constitué de vitrines et de textes. En revanche, le parc avec ses ruines et ses grands arbres plaît à tous les âges. Pour les ados intéressés par l’histoire, c’est une visite qui peut déclencher des discussions passionnantes sur Napoléon, l’esclavage et la mémoire.
Pour compléter votre journée aux Trois-Îlets, visitez la Maison de la Canne et la Savane des Esclaves.
